Études Scientifiques
En 2014, Sara Mercier-Blais, agente de recherche, et Yves Prairie, professeur au Département de sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal ont mené une étude qui explique pourquoi les vagues des bateaux de type « wake boats » naviguant avec leurs ballasts engagés doivent parcourir, de part et d’autre du sillon, une distance d’au moins 300 mètres pour que l’énergie générée par celles-ci se dissipe complètement (Mercier-Blais et Prairie, 2014).
Pour compléter l’évaluation des répercussions engendrées par les « wake boats » naviguant avec les ballasts engagés, l’Université Laval a entrepris une recherche afin d’étudier les impacts de ceux-ci dans la colonne d’eau. Les résultats de cette étude indiquent clairement que la puissance générée par la colonne d’eau remue les sédiments de fond jusqu’à des profondeurs de 7 mètres ou moins. Ce brassage remet donc en suspension le phosphore présent et contribue, par le fait même, à la prolifération des plantes aquatiques et des algues (Raymond et Galvez, 2015). Il est important de noter que les mêmes auteurs ont effectué une mise à jour de cet article en 2017.
Étude de l’Université de Minnesota
Sur un lac d’eau douce, une vague n’est jamais tout à fait la même : elle dépend du bateau, de sa vitesse et de la manière de le piloter. Pour dépasser les impressions, une équipe de l’Université du Minnesota a installé des capteurs au fond du lac et comparé, en conditions réelles, des embarcations. À des vitesses et distances représentatives de l’usage, les chercheurs ont mesuré finement la hauteur, l’énergie et la puissance des vagues du planage « classique » et aux configurations de wakesurf.
Au-delà des chiffres, l’étude met surtout en lumière les effets physiques des vagues sur le lac : érosion des berges, remise en suspension des sédiments et qualité de l’eau et propose des repères de distance pour en réduire l’empreinte près du rivage.
A Field Study of Maximum Wave Height, Total Wave Energy, and Maximum Wave Power Produced by Four Recreational Boats on a Freshwater LakeAnalyse scientifique faite par Maxime Wauthy
Au Québec, la navigation de plaisance évolue et l’arrivée des « wake boats » amène des enjeux d’érosion des berges, de remise en suspension des sédiments et de qualité de l’eau. En s’appuyant sur des critères issus de la recherche : un couloir d’au moins 600 m (300 m de part et d’autre du sillon) et une profondeur minimale de 7 m, ce communiqué applique les données de la base LCE du MELCCFP pour dresser, par région administrative, une carte des lacs pouvant théoriquement accueillir la pratique du « wake surf ». Sur 39 193 lacs cartographiés, seuls ceux combinant largeur et profondeur suffisantes sont retenus, et la majorité des plans d’eau évalués n’atteignent pas ces seuils. L’objectif : offrir des repères simples et durables, le bon bateau, au bon endroit, en nombre supportable, afin de concilier plaisir et protection de notre «or bleu».
Communiqué scientifique – Lacs québécois pouvant supporter la pratique du « wake surf »
Listes des lacs pouvant supporter la pratique du wake-board
Cartes des lacs pouvant supporter la pratique du wake-board